Qui n' a jamais embrassé une image?
Ce geste anodin contient une histoire sentimentale certes, mais l' image véhicule la présence et l' absence ; aussi fine, aussi peu présente soit elle, et malgré sa dématerialisation.. Le geste est capable de jouer de maniere dialectique avec l' image. C'est ce même geste qui confère à l' image un pouvoir, qui instaure une certaine fusion entre le sujet et le spectateur, replace l' infigurable, empêche l' identification comme l' inverse.
Mon travail s' enracine donc dans l' image, ses limites - virtuelles et matérielles - et notre comportement vis à vis d' elle. Cette question réactive une histoire religieuse et culturelle, des rapports d' idolâtrie et d' identification au travers des différents systême de reproductions des images.
Par le biais de divers mediums et d' une économie de moyens et d' actions, mon but est de déséquilibrer des rapports inhérents à l' image. Autrement dit jouer sur un équilibre entre le visible et l' invisible, la présence et l' absence, le sujet et l' écart qui doit en être senti par le spectateur.
Prêter, élargir l'écart de la représentation par un jeu absurde, scientifique ou documentaire :
Découpage, manipulation, montage dit «cinématographique» donnant son sens dans l’intervalle, recomposition des images par association, montage d’une histoire propre au document et d’un geste, collisions ou glissements avec le réel sont autant de terrains de jeux visant à altérer la ressemblance.
Les grandes lignes :
// Equité au sens propre du terme du visible avec la défiguration.
// Dissemblance du signe, de l’histoire du sujet.
// Corps à corps repensant le sujet ainsi que son médium.
// Déséquilibre tel, que l’image devient son propre sujet - image d’une image -.
Le spectateur, désarçonné, est forcé de reconstruire son regard dans l’écart créé entre lui et l’image et de questionner son attitude face à cette dernière et au régime des visibilités.